CACAO IVOIRIEN : APRÈS LE PRIX DE 1 200 FCFA, LE GRAND DÉFI DU REVENU DES PLANTEURS
InfocentraleSept. 9, 2026Lire l'original
Le cacao ivoirien se trouve à un tournant. Alors que la nouvelle campagne s’ouvre sur un prix de 1 200 FCFA le kilogramme, la question n’est plus seulement de produire davantage, mais de savoir comment permettre au producteur de vivre décemment de son travail. C’est tout l’enjeu de l’atelier ouvert ce mercredi 9 septembre 2026 à Yamoussoukro avec l’appui de l’Organisation internationale du Travail (OIT).Autour de la table : pouvoirs publics, Conseil du Café-Cacao, producteurs, travailleurs, employeurs, entreprises, coopératives et partenaires techniques. Pendant trois jours, ces acteurs sont appelés à réfléchir à une équation devenue incontournable :
comment créer davantage de valeur dans la filière et surtout mieux la répartir ?Le débat intervient alors que le prix de 1 200 FCFA/kg suscite des interrogations chez les producteurs. Pour le Conseil du Café-Cacao, représenté par Gbongué Mamadou, Directeur chargé des projets et du suivi-évaluation, la réponse ne peut toutefois pas reposer uniquement sur le prix.
« Sans producteur, il n’y a pas de cacao, pas de café et pas de chocolat », a-t-il rappelé, soulignant la place centrale du planteur dans une filière qui fait vivre des centaines de milliers de familles.
Mais derrière le prix affiché se cache une réalité plus complexe : petites exploitations familiales, hausse des coûts de production, difficulté d’accès à la main-d’œuvre et faibles capacités d’investissement. D’où la nécessité, selon les participants, d’agir simultanément sur la productivité, la diversification des revenus, la réduction des charges et la professionnalisation des métiers agricoles.
L’OIT veut, pour sa part, placer le
dialogue socialau cœur de cette transformation. Hamzou Foster, spécialiste du dialogue social, a appelé les différents acteurs à dépasser les logiques individuelles. « Aucune aventure solitaire ne peut prospérer dans ce domaine », a-t-il lancé.
Car la bataille du revenu ne se limite pas à une question économique. Elle touche directement aux conditions de vie des familles rurales, à l’éducation des enfants, à l’accès aux soins et à la lutte contre le travail des enfants.
Représentant le ministre de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, Fanta Coulibaly Kagambega, Directrice générale du Travail, a ainsi rappelé qu’une filière performante ne peut être jugée uniquement à l’aune de ses volumes de production.
Elle doit aussi être capable d’améliorer les conditions de vie de ceux qui créent la richesse.À Yamoussoukro, le message est donc clair : le cacao ivoirien ne peut plus seulement être évalué en tonnes produites et exportées. L’avenir de la filière se jouera aussi dans sa capacité à garantir un revenu décent au producteur, à protéger les travailleurs et à mieux partager la valeur créée.
L’atelier devra désormais transformer les discussions en mécanismes concrets de concertation et en engagements. Car derrière chaque kilogramme de cacao vendu se trouvent un producteur, une famille et toute une communauté rurale.
Le véritable défi de la campagne 2026-2027 sera donc de faire du prix de 1 200 FCFA non pas un simple chiffre, mais un véritable levier d’amélioration du revenu et des conditions de vie des planteurs.Christ Kemondé