Côte d'Ivoire : Abouabou s'oppose fermement à l'érection du campement d'Ellokro en village
Côte d'Ivoire HeadlinesSept. 21, 2026Lire l'original
Les populations d'Abouabou se mobilisent pour défendre l'intégrité de leur territoire. Réunie sur la place publique le samedi 19 septembre 2026, à l'initiative du chef Koutouan Brahoua Claude Étienne, la communauté villageoise a exprimé son opposition catégorique au projet gouvernemental visant à ériger le campement d'Ellokro en village. Les résidents redoutent que cette décision administrative n'exacerbe les tensions locales et ne menace gravement la paix sociale.
Le porte-parole de la chefferie, Mobio Agban Jean-Claude, a exprimé l'indignation et le désaccord profond de la communauté face à ce projet qu'il qualifie d'imminent. Selon les autorités coutumières d'Abouabou, le campement d'Ellokro est entièrement situé sur leurs terres ancestrales, entouré de parcelles familiales, d'une plantation communautaire et de plusieurs lotissements approuvés ou en cours d'approbation. Ériger ce site en village autonome constituerait, selon eux, une décision dangereuse susceptible de provoquer des affrontements fonciers majeurs dans la région.
Un différend historique remontant aux années 1970Pour comprendre la légitimité de leur revendication, la chefferie d'Abouabou rappelle que l'origine de l'implantation d'Ellokro remonte aux années 1970. À cette époque, Miessan Elloh, originaire du village d'Ebrah dans le département de Bonoua, avait été accueilli à Abouabou par la famille Nantchué pour y exercer son activité d'apprenti guérisseur. Après le décès de son tuteur, il a été autorisé à s'installer sur le site actuel pour poursuivre son métier, donnant ainsi naissance au campement d'Ellokro sur les terres d'Abouabou.
Après le décès de Miessan Elloh en 2007 et son inhumation dans son village natal d'Ebrah, la communauté d'Abouabou estime qu'il est inconcevable que ce campement change de statut sans son consentement préalable. Le porte-parole a fermement dénoncé les démarches de la famille Elloh, les accusant de recourir à des manœuvres frauduleuses pour spolier le village d'Abouabou de ses terres d'origine.
Le non-respect des règles administrativesLa contestation s'appuie également sur des arguments juridiques et cartographiques. Amani Danho Paul, président du comité foncier d'Abouabou, a précisé que la communauté détient des documents fonciers officiels couvrant près de 396 hectares, un périmètre qui englobe la totalité du site occupé par le campement d'Ellokro.
Le responsable foncier a rappelé que les usages et la réglementation administrative exigent que le village tuteur soit formellement associé et consulté avant toute érection d'un campement en village autonome. L'absence de concertation dans ce dossier constitue, selon la chefferie, un vice de procédure inacceptable qui bafoue les droits coutumiers d'Abouabou.
Un appel au dialogue et à la cohésionMalgré la fermeté de leur opposition, les dirigeants d'Abouabou affirment vouloir privilégier la voie de la négociation et de la cohésion sociale. Ils ont lancé un appel pressant à l'État de Côte d'Ivoire pour qu'il suspende ce projet d'érection afin d'éviter des dérives violentes et de préserver la stabilité de la zone.
Parallèlement, la chefferie a invité la famille Elloh à abandonner ses initiatives unilatérales et à se rapprocher d'Abouabou, en sa qualité de village tuteur. L'objectif affiché est d'ouvrir un dialogue direct afin de trouver ensemble des solutions durables, respectueuses des droits de chacun et garantissant la paix entre les communautés.